La bière de nos jours

portrait d’une industrie québécoise en pleine effervescence

La naissance des microbrasseries et brasseries artisanales au Québec remonte à la fin des années 80. Ce nouveau marché de bières de spécialité est venu assouvir les consommateurs en quête de produits de qualité, plus forts en goût et issus de notre riche terroir québécois.

Les microbrasseries ont fait leur apparition en deux vagues successives : une première au milieu des années 80, une seconde entre 1995 et 1996. Lors de la deuxième vague, plusieurs microbrasseries se sont implantées en région. Malheureusement, de cette deuxième vague, presqu’aucune n’a survécu... Une troisième vague semble s’être bien installée depuis quelques années et nous souhaitons la voir perdurer.

Du côté des brasseries artisanales, le premier permis fut octroyé au Cheval Blanc en 1987. En 1997, on comptait déjà une dizaine de ces établissements dans la province. Un chiffre qui a pratiquement triplé depuis dix ans ! Depuis les années 90, des changements ont été apportés aux règles de l’industrie brassicole et notamment l’élimination de barrières douanières. Ce fut alors une belle occasion pour les microbrasseries québécoises de s’implanter tranquillement sur le marché de l’exportation. Très tranquillement car l’exportation représente 3 % de leur production annuelle.

Les grandes brasseries industrielles ont vécu une légère baisse de leur part de leur marché, au profit des produits artisanaux. Mais elles occupent encore aujourd’hui plus de 90 % du marché. D’ailleurs, il y a quelques années, l’Association des microbrasseries du Québec a déposé une plainte dénonçant les « pratiques anticoncurrentielles » des géants Labatt et Molson, enquête à laquelle le Bureau de la Concurrence a mis fin en 2003 en concluant que la preuve ne soutenait pas une telle demande au tribunal. Le rapport complet est disponible sur le site Internet du Bureau de la concurrence du Canada. Malgré tout, les maîtres d’oeuvre de notre petite industrie québécoise restent optimistes et cela laisse présager un beau futur pour nos papilles gustatives. L’industrie se met en branle depuis de nombreuses années afin de créer une tradition brassicole. Elle nous fait découvrir ces petits bijoux par le biais de festivals et de points de vente spécialisés à travers la province. La balle est donc en partie dans le camp du consommateur qui, par ses choix judicieux, permettra à notre marché local de s’épanouir en plus de profiter à l’économie et au dynamisme de sa région.

 

Un contrôle qualité pour les microbrasseries

Suite à la volonté des microbrasseries de perfectionner leur savoir et la qualité des produits offerts sur un marché en pleine croissance, l’Association des microbrasseries du Québec, en partenariat avec les Laboratoires Maska, prépare un cahier de contrôle qualité destiné à l’industrie. Formation, conseils et suivis sont au programme afin de garantir une norme de qualité constante.

 

Une pénurie vous dites ?

L’année 2008 s’annonce ardue pour les microbrasseries et les brasseries artisanales en raison d’une pénurie mondiale de houblon. Plusieurs facteurs ont été mis en cause et notamment des récoltes décevantes l’an dernier ainsi qu’un problème de concentration du produit (il faut davantage de houblon pour obtenir la même amertume). Le houblon a souffert de sécheresses et d’intempéries. Les récoltes d’orge ont subi le même sort. Se faisant plus rares, le prix d’achat de ces matières premières grimpe et contraindra peut-être les plus petits joueurs brassicoles à réduire leur production, voire à mettre au rancart certaines bières à forte amertume. Les grandes brasseries sont moins affectées par cette situation grâce aux contrats d’approvisionnement qui leur garantissent d’être servies en premier. Même si une hausse des prix au détail n’est pas encore de mise, elle ne reste pas impossible. Quelques pays européens ainsi que les États-Unis ont annoncé une hausse d’environ 10 à 15 % du prix de la bière. Un dossier à suivre de près.